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Analyse générale des tendances financières de l’année 2020

par Florenc Micaj

L’année 2020 restera inoubliable sur bien des aspects. Qui aurait cru que nous ferions notre entrée dans cette décennie par une crise sanitaire majeure suivie d’un krach boursier ?

Car oui, nous pouvons parler de « krach » tant l’impact a été rapide et violent. L’ensemble des secteurs d’activité a été perturbé par la propagation du virus, tout particulièrement l’activité économique et les marchés boursiers.

Parlons Finance vous a partagé les informations majeures prises tout au long de l’année et vous propose aujourd’hui une rétrospective des douze mois qui nous ont précédés. Celle-ci retracera les moments importants de 2020 et conclura par des projections pour 2021. 

Premier trimestre 

Avant d’entamer la nouvelle année, faisons le point sur l’année 2019 qui fut un très bon cru boursier. Les marchés avaient clôturé l’année 2019 sur des records exceptionnels.

Le CAC 40 progressa de plus de 26 % par rapport à 2018, soit sa meilleure année depuis 20 ans !

Le DAX prit plus de 25 % et le Bel20 22 %. De l’autre côté de l’Atlantique, le S&P 500 clôturait sur une progression de plus 28 %, contre 22 % pour l’indice Dow Jones et une envolée de 34 % pour le Nasdaq composite.

Cela ne semblait pas s’arrêter tout de suite puisque le FMI estimait que la croissance du PIB mondial atteindrait 3,4 % en 2020, tirée en partie par les pays émergents.

Cependant, certains économistes tirèrent la sonnette d’alarme. Pour eux, cette hausse continue ne pouvait que terminer sur une surchauffe, puis un renversement de l’économie. De plus, bien que cette année fut positive pour les marchés, elle n’a pas effacé les incertitudes qui y régnaient telles que les tensions sino-américaines et le Brexit. Celles-ci seraient toujours présentes en 2020 et il faudra composer avec. 

La véritable question que les analystes financiers se posaient n’était pas si une crise devait arriver prochainement, mais bien quand celle-ci pointerait le bout de son nez.

Les indices boursiers connaissent, depuis le troisième trimestre de l’année 2019, une hausse continue et atteignent des niveaux records en février 2020. Des records historiques sont atteints le 19 février 2020 et cela présageait une correction boursière à venir. Ce que l’on redoutait arriva, et le responsable était quelque chose que peu de personnes avaient vu venir, un virus. 

Tout commença la semaine du 24 février 2020 lorsque les marchés boursiers entamèrent une baisse généralisée. L’annonce de la pandémie du coronavirus au début du mois de février sema la panique sur les marchés et les investisseurs se sont mis à vendre en masse leurs positions. Cela eut pour conséquence une diminution sans précédent du cours des actifs et de la valeur des indices.

Les indices boursiers connurent une baisse historique entre le 19 février et le 24 mars 2020, moment où les cours commencèrent à repartir à la hausse. Le Dow Jones chuta de 30 % durant cette période, le S&P 500 céda plus de 34 % et le Nasdaq perdit plus de 25 %. Du côté européen, l’indice CAC 40 plongea de 40 % et le Stoxx 600 dégringola de plus de 30 %.

En Asie, les pertes furent également exceptionnelles. À Hongkong, le Hang Seng subit une baisse de 23 % et à Tokyo, le Nikkei 225 perdit près de 30 %. Cette période, courte mais intense, marquera l’Histoire de la bourse à tout jamais.

L’Europe devint, au mois de mars, le principal foyer de la pandémie de Covid-19 et des mesures de confinement furent adoptées partout sur le territoire européen. Confrontés à la hausse exponentielle du nombre de contaminations dans le monde et aux confinements massifs, les marchés chutèrent les uns après les autres.

Redoutant l’évolution de la pandémie aux États-Unis, la Banque centrale américaine (Fed) décida le 15 mars d’abaisser son taux à 0-0,25 % et d’injecter 700 milliards de dollars. La semaine suivante, la Fed annonça l’ajout de 500 milliards de dollars supplémentaires pour assurer une liquidité suffisante.

La BCE annonça à son tour le 19 mars un plan d’achat de dettes de 750 milliards d’euros afin de soutenir l’économie européenne dans cette période.

Deuxième trimestre

Suite au plan d’urgence de la BCE, les marchés européens repartirent à la hausse. La Fed joua également un rôle important dans le regain de confiance des investisseurs. Les politiques monétaires expansionnistes ont directement contribué à apaiser les tensions sur les marchés boursiers. 

Pendant ce temps, l’heure était à la réorganisation pour les entreprises encore en activité. Pour certaines d’entre elles, le télétravail fut un véritable challenge, les forçant à imaginer de nouvelles solutions rapidement (rendez-vous online, cours à distance, point de collecte, ventes sur les réseaux sociaux), tandis que pour d’autres, le télétravail accéléra un processus déjà existant. Pour de nombreux Belges, leurs journées furent rythmées par des cours en ligne, des consultations uniquement sur rendez-vous ou des coups de fil interminables. 

Cependant, tout le monde ne fut pas logé à la même enseigne. Alors que le secteur de l’HoReCa, du tourisme et des loisirs subirent de lourdes pertes et l’impossibilité d’ouvrir pleinement, d’autres profitèrent du confinement généralisé pour augmenter leurs ventes ou abonnements. Parmi elles, Amazon présentait fin mars une performance de +10 % depuis son pic de février. Hellofresh, qui jusque-là stagnait autour des 25 €, vit son cours atteindre les 53 € fin juin. 

De manière plus globale, le redressement de Wall Street et des marchés européens se confirma au printemps et fut accéléré en été lors de l’annonce de la réouverture de l’économie. Un nouveau plan d’achat de dettes de 600 milliards fut annoncé par la BCE le 4 juin.

Cela vint s’ajouter aux 750 milliards d’euros (plan PEPP) d’euros annoncés à la mi-mars et aux 300 milliards d’euros annoncés précédemment (plan dit PSPP). Au total, la BCE aura injecté plus de 1 600 milliards d’euros dans l’économie. 

Troisième trimestre 

L’été fut en demi-teinte. Tout d’abord, nous cherchions ardemment des signes de réconfort, tant sur le plan humain que sur le plan économique. La courbe des contaminations continua de baisser, ce qui a permis un premier dé-confinement et un retour à une vie « presque normale ». Pour les secteurs fortement touchés, l’été fut l’occasion inespérée de renflouer les caisses ou tout simplement sortir la tête de l’eau. 

Ensuite, nous avions également besoin de connaître l’impact du Covid-19 sur l’économie mondiale. De nombreuses économies tombèrent en récession après l’annonce de baisses record de leur PIB au second trimestre (Belgique -12 %, Allemagne -10 %, Royaume-Uni -20 %, France -13,8 %). De son côté, Xi Jinping pouvait déjà porter un regard vers l’avenir, son pays affichant un PMI (« Purchasing Manager’s Index ») en croissance et un insolant +11,7 % au PIB du second trimestre.

Nous pouvons constater, à travers le graphique ci-dessous, que la relance de l’activité économique chinoise comparée aux pays avancés et au reste du monde fut bien plus rapide. Les prévisions réalisées par le FMI montrent que le taux de croissance de la Chine continuera à être nettement supérieur au reste du monde.

PIB mondial trimestriel 

L’accumulation de bonnes nouvelles fit place à un excès d’optimisme, de confiance et de prise de risque. Alors que nous pensions en avoir terminé avec le coronavirus, l’augmentation du nombre de cas en Europe nous ramena à la réalité. Les tentatives, bien que bienveillantes mais parfois maladroites, des gouvernements (qui se souvient des fameux codes couleur ?) amenèrent à un constat douloureux : seul un vaccin pouvait nous débarrasser du cauchemar.  

Quatrième trimestre

La dernière ligne droite fut marquée par l’annonce d’un second confinement, alors qu’en Chine l’épidémie fut contrôlée et la locomotive chinoise fut relancée. Les contaminations en masse et les décès en hausse chaque semaine forcèrent les gouvernements à confiner la population pour une deuxième fois. Ces nouvelles mesures de confinement semèrent de nouveau le doute sur les perspectives de relance de l’activité économique. 

L’annonce du second confinement fut mal acceptée par les investisseurs. Les répercussions sur les marchés se firent ressentir dès la semaine suivante à Wall Street et en Europe. Ce second confinement sonna la fin d’une bonne dynamique entamée sur les marchés boursiers depuis le début du deuxième trimestre. 

Aux États-Unis, les indices boursiers clôturèrent l’année sur une belle performance. Le Nasdaq composite gagna plus de 43 % depuis le début de l’année, soit une meilleure performance qu’en 2019, et le S&P 500 et le Dow Jones affichèrent respectivement 15,5 % et 6,6 % le 31 décembre. En Europe, les résultats à la clôture furent plutôt négatifs. Le Bel20 termina sur une baisse de 8 %, le FTSE 100 céda 14 %, le CAC 40 perdit plus de 6 % et le DAX prit plus de 3 %. 

Prévisions pour l’année 2021

Que peut-on prévoir pour 2021 ? Bien entendu, l’année 2020 n’emporte pas avec elle les incertitudes qu’elle a créées. Voici quelques points d’attention. 

  • Le Covid-19 est toujours présent, et les scientifiques regarderont d’un œil attentif la mutation venue du Royaume-Uni. La crainte à court terme est l’apparition d’une troisième vague et ses conséquences sur l’économie.
  • L’accord sur le Brexit conclu dans les derniers instants de l’année permet de nous éviter une série d’incertitudes sur les futurs échanges économiques entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Ce n’est pas un « Hourra » de victoire, mais bien un « ouf » de soulagement. 
  • Une reprise de l’inflation, c’est-à-dire l’augmentation généralisée des prix à la consommation, est prévue pour les prochaines années. Selon le FMI, Les États-Unis profiteraient d’une hausse plus importante (2,8 %) que la Chine (2,7 %) et la zone euro (0,98 %). Cette augmentation s’explique entre autres par la reprise de la consommation des ménages, après une longue période de privation. Les marchés émergents continueront de profiter de la bonne lancée chinoise. 
  • Joe Biden deviendra officiellement président le 20 janvier 2021. Quelques inconnues subsistent encore, le nouveau Président aura-t-il le contrôle du Sénat et/ou de la Chambre des représentants ? Quel seront ses rapports avec la Chine et le Royaume-Unis ? Quelle politique de relance adoptera-t-il ?
  • Concernant les devises, l’Or pourrait poursuivre son ascension si les inquiétudes liées au Covid persistaient. Rappelons que le métal jaune est considéré comme une valeur refuge et un investissement contre l’inflation. Le dollar, qui a beaucoup cédé face à l’euro, pourrait rester bas afin de favoriser la relance (coût de l’emprunt faible, augmentation des exportations). Enfin, le Bitcoin continuera son ascension. Si certains spécialistes visent un objectif de cours à 60 000 $ d’ici la fin de l’année, l’objectif sous-jacent de 1 000 000 $ paraît à la fois fou et possible. 

Conclusion

Osons le dire, 2020 restera dans l’Histoire comme une année noire. Si en bourse de nombreuses opportunités ont pu être réalisées, le bilan humain et social que nous avons dû payer n’en valait pas la peine. Une année est passée et nous sommes encore loin d’en avoir terminé avec le coronavirus, loin d’avoir retrouvé notre liberté, loin de pouvoir nous projeter sereinement vers l’avenir.

2020 a créé un monde nouveau, un monde que nous devrons connaître et maîtriser rapidement. Cependant, nous pouvons entrevoir une lueur d’espoir provoquée par les efforts de l’Union européenne, l’apparition de vaccins efficaces, l’adaptation des citoyens à leur nouveau mode de vie. 

Parlons Finance vous souhaite à toutes et à tous une bonne année, et nous vous promettons d’être présent en 2021 pour vous dévoiler l’actualité économique de premier plan et du contenu de qualité. Prenez soin de vous.  

Par Timur KAZKONDU et Florenc MICAJ

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