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Accord sur le pétrole ? Faisons le point !

par Naqi Hamza

Alors que le cours du pétrole n’arrête pas de s’effondrer, passant de 72 dollars en janvier à moins de 25 dollars le baril, un accord total entre les producteurs et pays pétroliers se fait toujours attendre. Comment la situation s’est-elle détériorée à ce point ?

L’effondrement du cours du brut a commencé le 6 mars suite à une réunion à Vienne entre les différents producteurs de pétrole. N’ayant pas trouvé d’accord, l’Arabie Saoudite et la Russie se sont livrés une « guerre » des prix ayant mené à une augmentation considérable de l’offre de pétrole sur le marché pétrolier entraînant ainsi une diminution du prix du baril.

Cette situation s’est particulièrement compliquée puisque, une semaine plus tard, la moitié de la population mondiale a fait l’objet d’un confinement général pour faire face à la pandémie du Covid-19, ce qui a diminué fortement la demande en brut alors que l’offre était déjà excédentaire.

C’est dans ce contexte qu’une première réunion a eu lieue jeudi dernier entre les membres de l’OPEP+ (membres de l’OPEP et les 10 principaux acteurs pétroliers hors OPEP) afin d’essayer d’apporter une certaine stabilité au marché pétrolier.

Lors de cette réunion, les différents pays ont cherché à se mettre d’accord sur une réduction 10 milliards de barils par jour de leur production cumulée de pétrole brut. Nous parlons d’une réduction de 5 millions de barils par jour pour la Russie et l’Arabie Saoudite, et réduction de 5Mb/j pour les autres producteurs de l’OPEP+.

Toutefois, cet engagement, même s’il avait été accepté par tous les membres de l’OPEP+, était conditionné à l’acceptation du Mexique qui était le seul pays l’ayant refusé lors de la réunion du 9 avril.

En effet, le président mexicain a trouvé la demande de réduction excessive dans cet engagement sachant que pays représente moins de 2% de la production mondiale et ambitionne d’augmenter massivement ses puits.

Au lendemain, une réunion des ministres de l’énergie des pays du G20 a eu lieu pour communiquer officiellement sur leurs engagements respectifs en vue de stabiliser le marché.

Par ailleurs, quelques heures avant cette réunion, les USA et le Mexique ont annoncé avoir trouvé un accord pour que le Mexique atteignent le quota de réduction de pétrole. « Nous acceptons de baisser la production. Et eux acceptent de faire quelque chose pour nous dédommager à l’avenir » avait expliqué le président américain.

Malgré cet accord USA-Mexique et la fin de la « guerre » Ryad-Moscou, les ministres du G20 n’ont mentionné, dans leur communiqué officiel, aucun accord sur une potentielle baisse de pétrole ce qui démontre que l’accord n’a pas encore été trouvé.

Et pourtant les sorties médiatiques des ministres saoudiens, russes et américains (où ils avaient invités tous les pays à être « solidaire » et de « prendre les mesures appropriées pour stabiliser le marché ») s’étaient multipliées ces derniers jours pour appeler à une stabilisation du marché.

Alors que le marché du pétrole (et plus globalement économique) s’enfonce petit à petit face à cette pandémie, un accord doit être rapidement trouvé pour ralentir un maximum la récession économique qui se profile…

Par Rayane Zerrad

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